Fruit indigène de l’est de l’Amérique du Nord, où elle prolifère dans les tourbières, la canneberge a fait partie de l’alimentation traditionnelle de plusieurs peuples amérindiens. La couleur rouge de la canneberge lui est donnée par sa forte concentration en anthocyanidines, des molécules responsables des pigments rouges, roses, mauves, oranges et bleus de nombreux petits fruits. Cette molécule colorée est aussi porteuse d’un important potentiel antioxydant. Malgré leurs couleurs différentes, les canneberges font partie de la même famille que les bleuets et les myrtilles, qui contiennent eux aussi de fortes concentrations d’anthocyanidines.
La canneberge a fait partie de l’alimentation traditionnelle de plusieurs peuples amérindiens. Ceux-ci la consommaient fraîche pendant l’été ou la conservaient de diverses manières pour l’hiver, souvent séchée. Elle était notamment utilisée dans un plat d’hiver traditionnel, le pemmican, principalement composé de viande séchée et de graisse.
Les Amérindiens utilisaient aussi la canneberge à des fins thérapeutiques, notamment pour traiter les désordres de la vessie et du rein. Cet usage traditionnel a inspiré les Européens, qui ont commencé à utiliser la canneberge pour traiter les infections urinaires, et a plus tard été corroboré par des études scientifiques.
Reconnue aujourd’hui pour ses nombreuses propriétés thérapeutiques, la canneberge est principalement consommée sous forme de jus. Pourtant, ce n’est pas la meilleure façon de bénéficier de ses nombreux bienfaits. Les jus sont généralement trop sucrés et leur mode de production ne permet pas de bien conserver les molécules thérapeutiques surtout présentes dans la pelure des fruits.
En raison d’une interaction possible entre la canneberge et le médicament anticoagulant Coumadin, Santé Canada recommande aux gens qui prennent ce médicament ou un autre anticoagulant de limiter leur consommation de jus de canneberge. Il semble que ce jus pourrait amplifier l’effet anticoagulant du Coumadin et entraîner des saignements. La prudence est donc de mise.
Fraîche ou séchée? La canneberge séchée contient davantage d’antioxydants que la canneberge fraîche, puisque le séchage entraîne un effet de concentration. Attention toutefois de ne pas abuser de ces bonnes petites friandises santé, car elles sont généralement assez sucrées.
La consommation régulière de canneberge pourrait aussi être utile pour lutter contre les maladies cardiovasculaires puisqu’elle permet d’augmenter de manière significative le taux de bon cholestérol, tout en réduisant le taux de mauvais cholestérol. Les proanthocyanidines des canneberges auraient aussi un effet anti-inflammatoire, ce qui permettrait de protéger les parois des vaisseaux sanguins, une autre façon de prévenir les maladies cardiovasculaires.
La canneberge est aujourd’hui bien connue pour contrer les infections urinaires. Les Européens ont découvert cet usage thérapeutique en observant les Amérindiens l’utiliser pour traiter les désordres de la vessie et du rein.
Plusieurs recherches scientifiques ont plus tard validé cette utilisation traditionnelle et confirmé que la canneberge peut aider à prévenir les infections urinaires. Cet effet préventif est attribuable aux proanthocyanidines, des molécules hautement antioxydantes très présentes dans la canneberge. Celles-ci limiteraient le développement des infections en prévenant l’adhérence de bactéries néfastes sur les cellules du canal urinaire. Il n’a toutefois pas encore été démontré que la canneberge pourrait guérir ce type d’infections.
La consommation régulière de canneberge pourrait aussi être efficace pour ralentir la progression de certains cancers. Certaines études suggèrent que les proanthocyanidines pourraient aussi inhiber le développement de certains types de cellules cancéreuses, comme celles du côlon par exemple. Cet effet anticancer s’expliquerait par l’exceptionnel pouvoir antioxydant de la canneberge, reconnu comme l’un des plus puissants de tout le règne végétal.
Ces mêmes molécules auraient aussi le potentiel d’affamer les cellules cancéreuses en limitant la formation de vaisseaux sanguins nécessaires à leur survie. Sans eau ni oxygène, les cellules cancéreuses meurent étouffées. C’est ce qu’on appelle l’antiangiogénèse.
Béliveau, Richard, Les aliments contre le cancer, chapitre 11, éditions Trécarré.
Passeport santé
Béliveau, Richard, « Les canneberges, plus qu’un simple accompagnement »,
Le Journal de Montréal, lundi 15 décembre 2008
Béliveau, Richard, « Les canneberges »,
Journal de Montréal, lundi 12 décembre 2005
« Les canneberges pour prévenir et traiter les infections urinaires »,
site web Extenso
« Les couleurs des fêtes… dans votre assiette »,
site web Extenso
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